Médias publics : les femmes réfléchissent sur leur avenir

, Publié : Le 27/03/2018 à 17:9:57

Dans le cadre des festivités commémorant les droits de la femme, le Secrétariat Général de la Communication et Médias a réuni les femmes de plusieurs horizons pour une journée de réflexion autour des différents thèmes. Parmi les sujets développés: la vulgarisation du Code de la famille révisé, Femmes face aux enjeux électoraux, accessibilité des femmes aux médias et la problématique d’avancement en grade.
En ce qui concerne le nouveau Code de la famille, Me Lisette Mavungu, avocate au barreau de Kinshasa Gombe et membre du Cadre de Concertation de la Femme Congolaise, CAFCO a planché sur les innovations du nouveau de la famille. Selon elle, plusieurs facteurs ont concouru à la modification du dit code. Les différentes mutations institutionnelles et économiques ont notamment poussé le législateur à réviser l’ancien code longtemps sujet à controverse au sein de l’opinion mais surtout chez les femmes elles-mêmes. Ces facteurs sont entre autres le changement de l’appellation du pays ; du changement de la monnaie ; la non-conformité de l’ancien Code avec les Conventions et Protocoles internationaux ; la présence de plusieurs dispositions discriminatoires à l’égard de la femme.
Me Mavungu a également démontré que le Code de la famille révisé corrige plusieurs dispositions contraires aux principes de l’égalité des sexes tels que défini dans la Constitution congolaise et dans plusieurs instruments juridiques des Nations Unies. L’oratrice cite entre autres : la suppression de l’autorisation maritale pour la femme mariée et l’obligation faite aux époux de s’accorder pour tous les actes juridiques dans lesquels ils s’obligent, individuellement ou collectivement. Autres avantages contenus dans le Code de la famille présenté par Me Lisette Mavungu, c’est l’exigence du respect et de la considération mutuels des époux dans leurs rapports, sans préjudice des autres obligations respectives qui leur incombent dans la gestion du ménage ; l’affirmation du principe de la participation et de la gestion concertée du ménage par les époux, particulièrement quant à leurs biens à charges.
Autre point positif de ce Code révisé, ignoré peut-être par plusieurs femmes, est la suppression de l’émancipation automatique du mineur par l’effet du mariage sans préjudice de l’émancipation judiciaire du mineur, à la demande motivée des parents ou à défaut du tuteur. Ce sont là quelques avantages parmi tant d’autres contenus dans ce nouveau Code de la famille présentés par l’avocate. Ces avantages ont désormais remplacé les faiblesses notoires consacrées par cette loi du 1er aout 1987. Son ignorance par une grande partie de la population, qui est victime de toutes sortes de violences pour ses droits les plus naturels, a été décriée par cette femme qui s’indigne par ailleurs que c’est également au sein de cette couche de la population que les femmes sont souvent victimes des violences sexuelles et sexistes, et surtout des violences conjugales.
Les femmes dans le commerce et autres affaires subissent des violences parce qu’elles sont femmes ; d’où la nécessité de faire connaitre toutes ses matières traitées dans le nouveau code de la famille révisé. Me Lisette Mavungu a conclu par une recommandation faite aux femmes pour une lecture minutieuse des tous les articles de ce document qui en compte 900 afin de faire face à certaines situations de la vie les concernant ou concernant les femmes ou filles de leur entourage.
« Femme face aux enjeux électoraux », thème abordé par Me Mimy Khonde, avocate et membre de Ligue des Femmes Congolaises pour les Elections, LIFCE. L’oratrice a soutenu que les élections sont un jeu, défini par la loi électorale. Cette loi, qui détermine les conditions requises pour être électrice ou candidate à tous les niveaux, est en conformité avec la constitution qui consacre le principe d’alternance démocratique et le principe de limitation des mandats.
Les élections permettent au peuple de choisir ses propres dirigeants tout en respectant l’alternance, a-t-elle dit. Seul le mandat présidentiel est limité à deux alors que l’on peut être député à vie.
Cependant, l’avocate déplore l’inconscience et la passivité de certains députés incapables de jouer leur rôle à savoir : voter les lois et contrôler l'action du Gouvernement tout en participant aux débats sur les textes mis à l'ordre du jour, au cours des travaux en commissions, puis en séance publique. Les députés devraient défendre les opinions de la population pour le développement du pays. Catégorique, elle affirme que le législateur est donc à la base des crises répétitives dont la RDC est victime depuis des décennies. C’est ainsi qu’elle recommande aux femmes de voter utile. « Nous allons voter pour les femmes capables de porter des solutions à nos problèmes », a-t-elle martelé. Les femmes peuvent briguer le mandat à tous les niveaux pour travailler en toute liberté.
Une révélation faite par Me Mimy Khonde « dans les postes ministériels il y a des injonctions qui ne permettent pas à la femme de s’émouvoir selon ses désirs ». Etant dans une course de relais, l’oratrice a fait savoir que les femmes qui ont tenu le flambeau restent les repères de la jeunesse. D’après ses nombreuses recherches, les pays dirigés par les femmes connaissent une vie assez normale par rapport à ceux dirigés par les hommes. L’heure est à l’action et à la responsabilité. L’enjeu étant de donner à la femme le moyen d’accéder au pouvoir pour que vive la démocratie qui est la loi de la majorité tout en respectant la minorité. Du point de vue de la démographie, les femmes peuvent diriger le pays si elles prennent conscience de leur importance lors des échéances électorales.
« L’accès des femmes aux médias et la problématique d’avancement en grade » a été le troisième thème abordé. Sujet développé par la Directrice Exécutive adjointe de l’Union Congolaise des femmes des médias, UCOFEM, Francine Umbalo. Cette dernière a fait savoir que la Constitution de la RDC garantit la liberté d’expression à tout Congolais et cette liberté se manifeste par la presse qui est diversifiée et plurielle depuis 1990, année qui a consacré la fin de dictature de Mobutu au Congo.


S’agissant de la place de la femme dans les médias, l’oratrice a fait remarquer que l’on a tendance à minimiser les capacités intellectuelles de la femme en mettant plus l’accent sur son physique ; tandis que les hommes sont représentés dans un large éventail d’activités telles que la politique, le sport, les affaires, la science et le divertissement.

Quant au genre dans le contenu médiatique, la représentante de l’UCOFEM n’a pas manqué de stigmatiser la moindre présence de la femme dans les médias. Plusieurs études menées ici et ailleurs par cette structure qui regroupe les femmes des médias des médias aussi bien publics que privés, révèlent que le pourcentage de femmes qui interviennent comme sources dans les informations ne reflète pas les réalités sociales. Etant largement sous représentées par rapport aux hommes, cela entraine une représentation du monde dans laquelle elles sont largement absentes. La présence de la femme dans les médias en tant que source et ou protagoniste reste de 25%.

C’est ainsi que l’UCOFEM préconise la multiplication des stratégies afin d’améliorer l’accès des femmes aux postes de responsabilité au sein des entreprises de presse. Avec à peine 18% de femmes, les rédactions restent dominées par les hommes.


Francine Umbalo/UCOFEM

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