Mois de la femme : L’image de soi au centre d’un colloque

, Publié : Le 08/03/2018 à 15:16:40

« Médias et image de soi » est le thème d’un colloque que l’Union Congolaise des Femmes des Médias, UCOFEM, a organisé du 5 au 6 mars 2018 respectivement à L’Université Pédagogique Nationale, UPN, et au Centre Wallonie Bruxelles.
C’est le recteur de cette université, professeur Pèlerin Kimwanga qui a ouvert ce colloque en souhaitant que la collaboration entre l’UCOFEM et son université qui vient de commencer, puisse aller plus loin. Dans son intervention, la directrice exécutive d’UCOFEM, Anna Mayimona Ngemba a placé ce colloque dans le cadre de son programme genre et médias qui vise l’amélioration de l’accès des femmes dans les médias.
A l’UPN, les étudiants venus de plusieurs facultés, spécialement ceux du département des Sciences de l’Information et de la Communication ont eu droit à quatre grands exposés débats à bâton rompu avec d’éminents professeurs d’Université. Le premier conférencier, Le Professeur François-Xavier Budim’bani qui a longuement parle de la théorisation et application dans le changement des perceptions sociales de la femme en mettant l’accent sur l’image de soi. Il a donné la différence entre les quatre perceptions de la personne à travers le soi dévoilé, le soi aveugle, le soi inconnu et le soi caché. Le professeur a fait remarquer que les médias véhiculent parfois une image déformée et biaisée de la société et de la femme, cliché et préjugé répétés par les femmes elles-mêmes. Il en appelle à la responsabilité de la femme qui, par ce fait ignore son pouvoir. Un stéréotype à dénoncer.
Le deuxième intervenant, a parlé de l’écriture romanesque à la rescousse du changement des perceptions sociales sur la femme. Thème développé par le Professeur Prosper Gubarika, écrivain de son état. Il n’a pas manqué d’évoquer son roman « Rends moi ma rose » qui trace l’histoire d’une jeune femme engagée.
Deux professeurs femmes ont également exposé lors de la première journée du colloque. Professeur Arlette Masamuna, docteur en communication sociale a partagé autour des contraintes culturelles et valorisation de soi. Son intervention a particulièrement tourné autour des traditions qui se présentent comme une chance ou une menace à l’avancement du combat de la femme pour la promotion de ses droits. Elle n’est pas d’avis que la tradition soit un frein à la promotion de la femme. Elle pense que les traditions en Afrique et dans n’importe quelle partie du monde aident la femme à s’exprimer dans une communauté donnée. La tradition renferme en elle des valeurs positives susceptibles de propulser la femme vers ses objectifs. Elle fustige simplement le caractère contraignant qui caractérise les traditions surtout en Afrique. « Les ancêtres ont dit » alors que tout est question de l’usage et de la pratique par les utilisateurs.
Une autre femme professeur qui est monté sur la tribune de ce colloque est Angélique Sita. Elle s’est appesanti sur l’apport du droit dans la promotion de la femme au regard de l’image de soi et des perceptions sociales en démontrant noir sur blanc que la promotion des droits de la femme est garantie par les lois du pays notamment la Constitution, la loi sur la mise en œuvre de la parité, etc. L’Etat garantie donc les modalités et la loi fixe les mesures d’application. En dehors d’autres avancées mentionnées dans les efforts pour la promotion des droits de la femme, Angélique Sita prend l’exemple du Code de la famille révise en 2016, qui consacre la suppression de l’autorisation maritale en remplacement d’un acte d’engagement que doivent signer les conjoints. Elle a fustigé l’actuelle loi électorale qui a marqué un pas en arrière par rapport à la précédente, mettant la femme dans la même catégorie que la personne vivant avec handicap.
La deuxième journée du colloque s’est déroulée dans la bibliothèque du Centre Wallonie Bruxelles. Le public y était aussi varie que diversifie. Il s’agit des hommes et femmes des médias, des hommes et femmes de culture notamment les artistes, des étudiantes, etc. Une femme, venue spécialement de la Belgique sur invitation de l’Union Congolaise des femmes des médias, Vivianne Konigs, conseillère en image et relooking a animé la seule conférence du jour. Elle a parlé de l’image de soi qui doit être entretenue et soignée. La confiance de soi nécessite une apparence appréciable et respectable. Toujours faire attention à sa tenue, aux couleurs que l’on choisit pour ses vêtements et sa tenue en public. Car, conclue-t-elle, la tenue ou l’apparence détermine la personnalité d’un individu. Elle n’a pas hésité d’exhorter les femmes à plus de responsabilité dans leurs actes et à ne pas baisser les bras afin de faire entendre leur voix.
La journée s’est clôturée par l’annonce du Prix « Mama Ewaso ». La concernée, Annie-Fransisca Ekwayolo, plus connue sous le nom de « mama Ewaso » s’est déplacée pour la circonstance. Avec plaisir qu’elle a accepté d’accorder un entretien à la professeure Arlette Masamune où elle a plongé l’assistance dans un passé plein de souvenirs pour les uns et les autres, retraçant son parcours à la Radio et Télévision Nationale Congolaise.
Le prix « Mama Ewaso » ainsi crée, va commencer à être décerner en 2019, et récompensera l’engagement des acteurs des médias dans la promotion des droits des femmes. L’UCOFEM a salué la bravoure de cette icône dans le paysage médiatique.
La directrice exécutive d’UCOFEM, Anna Mayimona Ngemba a saisi l’occasion pour remercier les partenaires qui ont soutenu l’organisation du colloque à savoir le Centre Wallonie Bruxelles et l’Université Pédagogique Nationale, sans oublié les différents intervenants.
UCOFEM

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