Nécessité d’intégrer une politique et une stratégie Genre dans toute institution publique que privée

, Publié : Le 07/02/2018 à 14:44:54

La République Démocratique du Congo figure parmi les rares pays du monde ayant apporté une innovation dans son actuelle constitution en formalisant la Parité Homme-Femme, précisément à son article 14 qui stipule : « les pouvoirs publics veillent à élimination de toute forme des discriminations à l’égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent, dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation. Ils prennent des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions. La loi fixe les modalités d’application de ces droits ».

Ainsi, la loi n° 15/013 du 1er août 2015 portant modalité d’application des droits de la Femme et Parité a été votée au Parlement et promulguer afin de se conformer aux nombreux instruments juridiques internationaux, régionaux et même sous régionaux auxquels la RDC est partie notamment la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 ; le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques du 16 décembre 1966 ; la Convention sur les Droits Politiques de la Femme du 20 décembre 1952 ; la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes de 1979 ; la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981 ; Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Relatif aux Droits de la Femme en Afrique ; la Déclaration de Maputo ; la Déclaration Solennelle pour l’Egalité de Genre en Afrique.

De même que la loi portant code de la Famille de 1987 qui contenait plusieurs dispositions discriminatoires a été modifiée en août 2016 ainsi que la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur femmes, paix et sécurité, instrument juridique international adopté à l’unanimité en 2000, qui pour la première fois, étudiant d’une manière particulière l’impact de la guerre sur les femmes, les initiatives et contribution des femmes à la résolution des conflits et à l’édification d’une paix durable.

Malgré, toutes ces avancées en ce qui concerne l’arsenal juridique, la participation de la femme est caractérisée toujours par une sous-représentation, et cela au niveau des postes des prises des décisions tel que nous pouvons relevés dans certaines institutions : Assemblée Nationale 52 femmes sur 500 ; Sénat 6 femmes sur 108 ; Ministres et vice-ministres 6 sur 36 ; Gouverneurs des Provinces O femmes sur 11.

En ce qui concerne , les différentes négociations qu’a connu la République Démocratique du Congo, le constat est amer : le Dialogue inter congolais de Sun city 87 sur 3…, la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les Provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu ; l’ Accord-cadre sur la paix, la sécurité et la coopération en RDC et dans la Région des grands lac du 24 Février 2013, Addis-Abeba(Éthiopie) 1 femme sur 15 ;Concertations nationales du Palais du Peuple 95 femmes sur 668 ;Dialogue national de la cité de l’OUA sous la médiation d’EdemKodjo 86 sur 300 ; Dialogue national sous la médiation de la CENCO 3 femmes sur 15, toutes ces négociations ont aboutis à des accords ayant pour soubassement la réduction sinon la suppression des violences générées par les conflits armés, qui affectent principalement les femmes et les enfants.
Cette situation de la sous-représentation homme- femme s’étend également dans les structures et organes de paix et de sécurité (ONU, MONUSCO) où les missions de paix n’alignent pas assez des femmes.

Cependant lors des négociations, les violences subies sont rarement à l’ordre du jour et les victimes encore plus rarement rétablies dans leurs droits.

L’analyse de la situation de la femme à travers : des facteurs économiques et socio-culturels et des facteurs politiques, renseignent que depuis des décennies, la femme vit dans une condition d’infériorité par rapport à son partenaire homme. Elle est victime des différentes discriminations surtout en matière de sa participation et de son implication dans la gestion de la chose publique.

Elle est l’objet de plusieurs stéréotypes et coutumes rétrogrades qui la placent au second rang.
De manière brève, nous avons mis en exergue les facteurs qui si pris en compte pourraient résoudre ce problème. Il s’agit notamment de l’implication des femmes à la première heure des négociations, leur implication dans les mécanismes mise en place ; leur implication dans l’application des résolutions de ces négociations et dans leur mise en œuvre.

Sur base de ce contexte teinté de discrimination, il serait judicieux de :
- Informer et former les hommes et les femmes sur les droits des femmes ainsi que techniques des négociations ;
- Identifier des décideurs et les faiseurs d’opinion pour le plaidoyer sur l’implication des femmes dans la recherche et la consolidation de la paix ;
- Améliorer la participation des femmes dans l’espace de prise des décisions à travers les élections, éducation et la formation à la culture de la paix.

Mimy MOPUNGA
CAFCO

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