Droits sociaux : La femme congolaise face aux stéréotypes et pratiques rétrogrades

, Publié : Le 131619 à 19:16:18

Il est important de noter qu’en République Démocratique du Congo, les traditions et coutumes constituent une source importante du droit officiel, et qui dans la plupart des cas entretiennent des préjugés et des pratiques discriminatoires à l’égard de la femme.
En effet, la persistance des stéréotypes et préjugés pourrait être due à l’existence de certaines valeurs culturelles discriminatoires vis-à-vis de la femme. Celle-ci est souvent soumise à des pratiques rétrogrades qui la réduise au second rang, de subalterne au sein de la société ou même de la communauté, notamment : mariage précoce, privation des ressources, violence psychologique ou émotionnelle, violence physique, violence conjugale domestique/répudiation, violence en milieu professionnelle, marginalisation et privation d’opportunités, déni d’héritage, abandon d’enfants, violence structurelle…
Cependant, il sied également de souligner que les traditions coutumières entretiennent des préjugés favorables à certaines formes des violences faites à la femme. À titre illustratif :
- 69% des femmes sont mariés selon le régime du droit coutumier et elles recourent à la coutume pour résoudre le problème d’héritage ;
- Mariage incestueux kinchwidi ;
- déni d’héritage ;
- maltraitance des veuves et des orphelins

Les institutions tant publiques que privées ont arrêté un certain nombre des mesures d’abord d’ordre institutionnel qui relèvent du statut des agents et fonctionnaires de l’Etat qui interdisent certaines pratiques dangereuses. Il y a aussi des mesures spécifiques dans le cadre des règlements au niveau de l’administration qui entrent encore en profondeur pour réguler certains aspects de la vie communautaire, individuelle. Notamment en ce qui concerne le comportement entre personnes de sexe différent, entre collaborateurs et supérieures.
Dans les statuts actuels portant l’organisation des agents des services publics de l’Etat, il y a des pratiques interdites, qu’un agent et fonctionnaire de l’état ne peut pas poser. Il s’agit par exemple les voies de fait, injures, discrimination basées sur le genre, religion, province etc. Ces pratiques sont érigées dans les statuts et règlements.
Lorsqu’un agent se rend coupable de ces pratiques, on ouvre à son encontre une action disciplinaire qui pourrait même conduire à sa révocation selon la gravité des faits lui reprochés. Cela tient à la carrière des agents de l’Etat.
Il y a aussi le code de bonne conduite de l’agent public de l’état qui montre les comportements répréhensibles et met l’accent sur la lutte contre les antivaleurs, discrimination basée sur le genre, etc.
Le gouvernement a pris également quelques bonnes initiatives visant la sensibilisation et l’éducation au sujet des stéréotypes et pratiques dangereuses, notamment la campagne « tous à l’école, filles et garçons » avec l’appui de l’UNICEF, qui fait que la proportion de scolarisation des filles par rapport aux garçons a augmenté tendant même à faire basculer la situation.
Cependant, il est appelé à initier encore d’avantage des bonnes pratiques qui pourront faire sortir la femme des us et coutumes rétrogrades, notamment intégrer les notions de Genre dans l’enseignement à tous le niveau, les matériels didactiques qui prônent le genre, le respect des certaines lois prises pour cette fin.
Par ailleurs, en 2015 sur demande de l’union africaine, le Ministère de la culture avait travaillé pour inventorier les pratiques traditionnelles néfastes dans le cadre du genre, et la conclusion a été qu’en RDC, il n’y a pas tellement des pratiques dangereuses tel que l’excision, le bannissement de la femme au niveau de l’école etc.

Mimy MOPUNGA/CAFCO

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