Droits éducatifs

, Publié : Le 035333 à 9:53:30

Education : enjeux majeur de développement pour la femme

La promotion, la participation et l’intégration de la femme au processus de développement intégral de la RD Congo est fonction de l’éducation que la femme pourrait bénéficier.
Nonobstant, les stéréotypes , les us et coutumes rétrogrades , les inégalités quant aux rôles et responsabilités des femmes et des hommes dans la société et le faible moyen financier dont dispose la femme, l’éducation serait aussi l’une des causes principales qui pourrait constituer un frein , un obstacle à la femme, à se lancer dans la compétition sur le marché de l’emploi mais également à s’engager dans la politique active.
L’épanouissement et l’autonomisation réelle de la femme ne pourront être effectifs que si des efforts sont fournis pour assurer la scolarisation de la petite et jeune fille. Pour que les statuts juridiques mais aussi sociaux puissent s’améliorer il faudrait que la femme bénéficie d’une instruction adéquate pour lui permettre de participer à niveau égal avec l’homme au développement.
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a fait de l’éducation un des secteurs prioritaires dans le DSCRP, dans le programme d’actions afin de répondre aux exigences de l’article 10, points A à H de la CEDEF qui évoquent les droits égaux en ce qui concerne l’éducation mais aussi l’ODD 4, qui fait allusion à une éducation de qualité. Il s’agit de points suivants :
a) Les mêmes conditions d'orientation professionnelle, d'accès aux études et d'obtention de diplômes dans les établissements d'enseignement , dans les zones rurales comme dans les zones urbaines, devant être assurée dans l'enseignement préscolaire, général, technique, professionnel et technique supérieur, ainsi que dans tout autre moyen de formation professionnelle de façon égalitaire;
b) L'accès aux mêmes programmes, aux mêmes examens, à un personnel enseignant possédant les qualifications de même ordre, à des locaux scolaires et à un équipement de même qualité;
c) L'élimination de toute conception stéréotypée des rôles de l'homme et de la femme à tous les niveaux et dans toutes les formes d'enseignement en encourageant l'éducation mixte et d'autres types d'éducation qui aideront à réaliser cet objectif et, en particulier, en révisant les livres et programmes scolaires et en adaptant les méthodes pédagogiques;
d) Les mêmes possibilités en ce qui concerne l'octroi de bourses et autres subventions pour les études;
e) Les mêmes possibilités d'accès aux programmes d'éducation permanente, y compris aux programmes d'alphabétisation pour adultes et d'alphabétisation fonctionnelle, en vue notamment de réduire au plus tôt tout écart d'instruction existant entre les hommes et les femmes;
f) La réduction des taux d'abandon féminin des études et l'organisation de programmes pour les filles et les femmes qui ont quitté l'école prématurément;
g) Les mêmes possibilités de participer activement aux sports et à l'éducation physique;
h) L'accès à des renseignements spécifiques d'ordre éducatif tendant à assurer la santé et le bien-être des familles, y compris l'information et des conseils relatifs à la planification de la famille.
Le Gouvernement de la RD Congo a élaboré à cette fin, la politique nationale de l’éducation, qui vise la construction d’un système éducatif contribuant efficacement à la croissance économique, à la lutte contre la pauvreté ainsi qu’à la promotion de la paix et d’une citoyenneté démocratique active.
Une stratégie de développement du sous-secteur de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel a été adoptée en 2010 par le gouvernement en collaboration avec les partenaires techniques et financier et constitue le cadre de référence des interventions dans ce sous-secteur.
Plusieurs mesures et programmes ont été mis en œuvre par le gouvernement pour accroitre le taux de scolarisation, notamment : la campagne « tous les enfants à l’école » lancé en 2005 avec l’appui de l’UNICEF ; la gratuité de l’enseignement primaire décrété en 2010 ; le programme de Réhabilitation et Reconstruction des infrastructures Scolaires (PRISE) visant la construction de 1000 écoles par an ; la mécanisation progressive des enseignants du primaire ; la campagne d’inscription des enfants de 6 à 7 ans en première primaire ; l’octroi des bourses d’études aux jeunes filles en-dehors de l’école pour leur intégration( financement DFID et Educate a child) ; la fourniture de 18 millions de manuels scolaires et guides pédagogiques pour les enseignants ; la bancarisation de la paie des salaires des enseignants et le paiement régulier des frais de fonctionnement des bureaux des gestionnaires des écoles.
S’agissant des infrastructures et des fonds consacrés à l’éducation ; 700 écoles ont été construit sur 1000 par an, une nette amélioration du budget de l’Etat alloué à ce secteur et une augmentation progressive durant les années 2012, 2013 et 2014 (12,8% en 2012, 13,2% en 2013et 16,0% en 2014) par rapport à 8,0% en 2000 et à 24, 3% en 1980.
Mais, le secteur reste toujours sous-financé. La charge des salaires des enseignants est en grande partie supportée par des parents à travers le mécanisme de participation des parents aux frais scolaires. Il y a des coûts indirects à travers la vente (des informes, de journal de classe, des manuels scolaires…) à l’école à des prix exorbitants, ne permettent pas aux parents démunis d’envoyer leurs enfants à l’école malgré la gratuite de l’enseignement primaire, car les frais concernés par cette gratuite ne représente rien par rapport au coût global des frais de scolarité que les parents doivent faire face.
Néanmoins, le pourcentage de scolarité dans le primaire, est passé de 51,7% en 2001 à 80,4% en 2013 indiquant une réduction significative de la déperdition scolaire et la présence accrue à l’école de presque tous les groupes d’enfants ayant l’âge officiel de fréquenter l’école primaire grâce à la campagne « filles, garçons tous à l’école » avec l’appui de l’UNICEF .
Cependant, malgré cette réduction des disparités dans la capitale, il y a encore au niveau des provinces persistance des disparités, même entre le sexe. Cet état des choses tient entre autre, à l’égalité d’accès à l’éducation entre filles et garçons. Des performances ont été observées en termes de réduction des inégalités entre les sexes au niveau de l’alphabétisation.
Tous ces politiques, mécanismes existants en faveur de l’enseignement sont à encourager, mais le gouvernement éprouve des difficultés à assurer l’éducation à travers toute l’étendue de la RD Congo. Mais il est appelé à pourvoir à l’insuffisance des infrastructures et des fonds consacrés à l’éducation, à pallier aux carences dans la mise en œuvre de la politique en faveur de l’enseignement primaire gratuit et obligatoire, à la faible taux d’inscription des femmes et des filles à tous les niveaux d’enseignement dû à l’absence d’écoles de proximité, aux frais scolaires, à lutter contre les cas de violence et d’harcèlement sexuel envers les filles dans les écoles et des universités( les points sexuellement transmissible).
Ces différentes actions ne peuvent aboutir que si le gouvernement décide d’allouer un budget conséquent à l’éducation de façon à augmenter le nombre d’écoles et d’enseignants ainsi que la qualité de l’enseignement dispensé et des infrastructures scolaires.
De lutter contre les inégalités à tous les niveaux de l’enseignement, de mettre fin au système de mariage précoce, de sensibiliser la communauté à l’importance de l’éducation des femmes et des filles, de renforcer les programmes d’alphabétisation des adultes, en particulier pour les femmes et d’appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard de la violence et du harcèlement sexuel dans les écoles et de veiller à ce que les auteurs de tels actes soient dûment punis.

Mimy MOPUNGA

Membre de CAFCO

Facebook share
Restez Connecté