La RDC et la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU: enjeux, bilan et perspectives

, Publié : Le 07/11/2017 à 11:55:29

La Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles (SFSV), avec l’appui de la Fondation Panzi a organisé, du 12 au 14 septembre, un Forum sur la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, à Kinshasa. L’objectif était clair : faire le point sur l’état de la mise en œuvre de ladite Résolution, en RDC. La Présidente de CAFCO, qui y est intervenue, nous livre ici son constat.
Par R o s e M u t o m b o K i e s e/P r é s i d e n t e N a t i o n a l e du CAFCO.
Dans un pays déchiré par plusieurs cycles de violences auxquelles les femmes ont payé un lourd tribut, les femmes congolaises se sont mobilisées en association, ce bien avant l’adoption de la Résolution 1325. Elles ont exprimé un souci et prouvé leur capacité à jouer un rôle dans la prévention et la résolution des conflits par des missions de bons offices. La résolution 1325, adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, en octobre 2000, constitue le premier instrument international et elle ne vient pas du néant. C’est l’aboutissement de plus de 20 années de luttes féminines, de plaidoyers et lobbying soutenus. Elle a été précédée d’un grand nombre de déclarations, de conventions internationales et régionales notamment : le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits de la Femme, la déclaration solennelle des Chefs d’état de l’Union Africaine sur l’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique.
Reconnaissant le rôle important que les femmes peuvent jouer dans la consolidation de la paix et le règlement des conflits, cette Résolution est la toute première qui étudie spécifiquement l’impact de la guerre sur les femmes, de même que les initiatives et contributions féminines à la résolution des conflits et à l’édification d’une paix durable. Tous les états membres de l’ONU, se sont engagés à faire en sorte que les questions de genre soient prises en compte dans les activités relatives à la sécurité.
La participation des femmes dans les instances de prise des décisions, lors de négociation des pourparlers de paix, pendant les processus de démobilisation et de reconstruction est essentielle pour la pacification dans un pays post conflit, mais elle demeure, hélas très faible.
L’on note à ce jour, à titre illustratif, une faible représentation des femmes dans les instances de prise de décisions (- 12%); une faible représentation des femmes à la table des négociations; une faible application des lois favorables aux femmes et ce, malgré l’inscription du principe de la parité dans la Constitution (art 14).
La pertinence de la résolution 1325 en RDC
Cette importante Résolution reste méconnue par les acteurs qui sont sensés l’appliqués. L’on note une faible appropriation par les décideurs qui ne facilite pas sa mise en œuvre. Il est plus qu’urgent que les acteurs qui travaillent dans la mise en œuvre de la résolution 1325 puissent développer des synergies à travers le pays en vue d’atteindre des résultats avec impacts.
Le Plan d’Action National de la R/1325 révisé et financé est un souhait de tous les acteurs qui œœuvrent dans cette thématique ainsi qu’une vulgarisation à grande échelle est une opportunité pour son appropriation par tous les acteurs.
Recommandations du forum
La création d’un cadre d’action en synergie de la société civile chargé du monitoring de l’exécution de la 1325 par les parties prenantes et des actions de plaidoyer aux niveaux local, national, régional et international ;
L’accroissement du nombre des financements du pilier promotion de la 1325 devra être une opportunité pour l’autonomisation de la femme ;
L’application de l’approche genre dans la recherche en vue de l’intégration de la 1325 dans les plans locaux de développement est une des solutions à encourager.

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